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Bonjour Soir

## Le dilemme du vestiaire d'hiver

Aaliyah Diallo··4 min

Le dilemme du vestiaire d'hiver

Une soirée d'hiver à New York pose un problème structurel que personne ne résout vraiment: vous devez traverser trois blocs dans un vent qui vient du fleuve, puis passer quatre heures dans un restaurant surchauffé où le radiateur près de votre table fonctionne à plein régime. Vous arrivez soit frigorifiée, soit en sueur. Rarement les deux à la fois, mais jamais confortable.

ZUZWA construit des vêtements qui comprennent cette friction. La maison travaille depuis Varsovie, où l'hiver n'est pas une saison mais un état de fait qui dure six mois, et où l'on apprend très tôt à s'habiller en couches sans ressembler à une poupée russe. Ce qui sort de l'atelier — des manteaux qui respirent, des pulls qui se portent seuls ou sous une veste, des pantalons assez épais pour tenir debout mais jamais raides — répond à une question simple: comment rester couverte sans être engoncée?

Le manteau qui se retire sans drame

Le manteau double-face en laine feutrée de ZUZWA pèse moins qu'on ne le pense en le regardant. C'est un 380 grammes au mètre carré, suffisant pour couper le vent mais pas assez pour vous faire transpirer dès que vous franchissez la porte. Un côté charbon, l'autre crème. Pas de doublure — juste la laine retournée sur elle-même, les bords surjetés main.

Ce qui compte ici, c'est la coupe. Les épaules tombent où elles doivent tomber, sans structure ajoutée. Les manches sont assez larges pour glisser un pull épais en dessous, assez étroites pour ne pas pendre quand vous les retroussez. Et surtout: le manteau se retire en deux gestes et se plie en trois. Vous n'avez pas besoin qu'on vous aide à l'enlever, vous n'avez pas besoin de le confier au vestiaire. Il reste sur le dossier de votre chaise sans glisser, et il ne froisse pas.

Le pull qui travaille seul

Un col montant en mérinos fin — 18 microns, filé en Italie, tricoté à Łódź — qui monte juste sous la mâchoire sans comprimer. ZUZWA le propose en noir, en marine profond, en brun terre. Pas de côtes, pas de torsades, pas de détails qui attirent l'œil. Juste un jersey dense qui drape sans mouler.

La longueur s'arrête à mi-hanche. Assez longue pour couvrir la ceinture d'un pantalon taille haute, assez courte pour ne pas créer de volume là où vous n'en voulez pas. Les manches sont exactement assez longues — elles atteignent l'os du poignet, pas plus. Vous pouvez les pousser jusqu'au coude si la pièce devient trop chaude, et elles y restent.

Ce pull se porte seul avec un pantalon de costume, ou sous une veste non structurée. Il ne demande pas de bijoux. Il ne demande rien du tout, en fait.

Le pantalon qui tient sans serrer

Le pantalon droit en laine peignée — une armure sergé, 290 grammes — que ZUZWA coupe avec une taille légèrement montante et une pince unique de chaque côté. Pas de pli permanent, pas de revers. La jambe tombe droit depuis la hanche jusqu'à la cheville, où elle s'arrête juste au-dessus de l'os.

La ceinture est montée sur un élastique cousu dans le dos, invisible sous un pull ou une chemise. Vous n'avez pas besoin de défaire un bouton après le dîner. Vous n'avez pas besoin d'y penser. Le tissu a assez de corps pour garder sa forme toute la soirée, assez de souplesse pour ne jamais tirer quand vous vous asseyez.

Noir, marine, ou ce brun-gris que la maison appelle 'taupe de Varsovie' et qui va avec tout ce que vous possédez déjà.

La chemise sous le pull

Si vous voulez ajouter une couche — et parfois vous voulez, parce que le restaurant garde ses portes ouvertes ou parce que vous aimez l'idée d'un col qui dépasse — ZUZWA fait une chemise en popeline de coton lavé qui ne gondole jamais. Col officier, boutonnage invisible, manches longues qui se retroussent proprement.

Elle se porte rentrée ou sortie. Elle ne fait pas de volume sous un pull. Et si la soirée devient trop chaude, vous retirez le pull et la chemise tient seule — ce qui n'est pas rien, parce que la plupart des chemises prévues pour être portées en sous-couche ont l'air perdues quand elles se retrouvent exposées.

Les chaussures qui traversent la ville

Des derbies en cuir grainé, semelle en gomme naturelle de quatre millimètres. ZUZWA les fait fabriquer au Portugal dans un atelier qui travaille aussi pour des maisons trois fois plus chères. Le cuir est traité à la cire d'abeille, pas au silicone — il respire, il vieillit bien, il ne craint pas la neige fondue qui s'accumule aux intersections de Manhattan en janvier.

La forme est ronde sans être lourde. Vous pouvez marcher douze blocs sans y penser. Vous pouvez danser si l'occasion se présente. Et surtout: elles ont l'air intentionnelles avec un pantalon droit, pas comme un compromis entre le confort et l'apparence.

Ce qu'il ne faut pas faire

Ne portez pas de collants opaques sous un pantalon — ils créent de la friction, le tissu ne tombe plus droit, et vous avez trop chaud de toute façon. Ne superposez pas trois pulls fins en pensant que c'est mieux qu'un seul pull de qualité — ça ne l'est pas, vous avez juste trois fois plus de tissu à gérer. Ne gardez pas votre écharpe autour du cou une fois à l'intérieur. Ne portez pas de bottines à talons si vous devez marcher plus de deux blocs sur un trottoir glacé.

Et surtout: n'arrivez pas en doudoune technique que vous devrez retirer immédiatement, révélant une robe qui n'a aucun rapport avec ce qui la couvrait. Le vestiaire d'hiver fonctionne quand chaque pièce peut exister seule, quand vous pouvez retirer une couche sans défaire toute la construction. ZUZWA comprend ça. La maison construit des garde-robes, pas des costumes.

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