Livraison internationale offerte dès €300.
Bonjour Soir

## Le problème du bureau

Aaliyah Diallo··5 min

Le problème du bureau

Porter du Valentino au bureau, c'est naviguer une ligne étroite entre présence et performance. Trop, et vous devenez la personne qui s'est habillée pour un autre rendez-vous. Pas assez, et vous gaspillez ce que la maison fait de mieux — cette façon de structurer un vêtement pour qu'il tienne sans raideur, qu'il annonce sans crier.

Le vrai travail n'est pas de calmer Valentino. C'est de choisir les pièces qui portent leur poids sans forcer la conversation. Un chemisier en crêpe de Chine qui ne froisse pas dans le taxi. Un pantalon dont la coupe dit quelque chose même quand vous êtes assise. Des chaussures plates qui lisent comme un choix, pas comme un compromis.

Ce qui suit fonctionne pour un bureau où l'on attend de vous que vous ayez un point de vue, mais pas que vous monopolisiez la réunion. Finance créative, direction éditoriale, cabinet d'avocats progressiste. Les endroits où l'on remarque ce que vous portez, mais où l'on ne devrait pas avoir à en parler.

Le chemisier en soie, manches longues

Valentino fait des chemisiers depuis des décennies, mais ce qui compte maintenant, c'est la version en crêpe de Chine lavé — 14 mommes, pas plus — avec une patte de boutonnage invisible et des poignets qui se ferment sans boutons de manchette. Cherchez la coupe qui suit l'épaule sans la mouler, qui tombe droit depuis l'omoplate. Blanc cassé, gris tourterelle, ou ce beige foncé qu'ils appellent cammello.

La raison pour laquelle ça fonctionne : le tissu a du corps mais pas de brillance. Il ne se froisse pas de manière catastrophique entre neuf heures et midi. Il lit comme du soin, pas comme de l'effort. Portez-le rentré dans un pantalon taille haute, col ouvert, manches retroussées une fois si vous êtes en réunion interne. Deux fois si vous déjeunez seule à votre bureau.

Ce qu'il remplace : tous ces chemisiers en popeline qui vous font ressembler à quelqu'un qui vend des assurances, et tous ces hauts en jersey qui vous font ressembler à quelqu'un qui a renoncé.

Le pantalon droit, taille moyenne

Pas le tailleur-pantalon. Pas le wide-leg qui traîne sur le sol. Le pantalon en laine fraîche — 260 grammes, tissage serré — coupé droit de la hanche à l'ourlet, qui s'arrête juste au-dessus de l'os de la cheville. Valentino le fait en marine, en charbon, et dans un brun si profond qu'il lit presque noir sous néon.

La taille arrive au nombril, peut-être un centimètre au-dessus. Il y a une pince de chaque côté, jamais au centre. La poche arrière est réelle, fonctionnelle, assez grande pour un téléphone. Vous pouvez vous asseoir pendant trois heures sans que le tissu garde la mémoire de votre position.

Portez-le avec le chemisier ci-dessus, ou avec un pull fin en mérinos col rond rentré dedans. Des mocassins plats en cuir, pas en daim. Une ceinture fine seulement si le pantalon a des passants — et même là, seulement si vous en avez envie.

Ce que ça fait : ça vous donne une silhouette sans vous imposer un personnage. Vous pouvez traverser un open space, prendre le métro, vous pencher sur une table de réunion. Le vêtement ne demande rien.

La robe chemise, mi-mollet

Celle-ci demande plus de précision. Vous cherchez une robe en popeline stretch — pas du coton pur, vous aurez l'air d'être en pyjama vers quatorze heures — avec une ceinture intégrée, des manches trois-quarts, et une longueur qui tombe à mi-mollet. Marine, noir, ou ce vert olive que Valentino fait depuis trois saisons maintenant.

La coupe doit être ajustée au buste sans être cintrée à la taille. La ceinture se noue sur le côté, jamais devant. Les boutons descendent jusqu'à la hanche, pas plus bas. Vous pouvez la porter seule de mai à septembre, avec des collants opaques 60 deniers le reste de l'année.

Pourquoi ça marche : parce que c'est une pièce entière qui ne ressemble pas à un uniforme. Vous n'avez pas à réfléchir le matin. Vous la mettez, vous ajoutez des chaussures plates en cuir, vous partez. Si vous avez un dîner après le travail, vous enlevez la ceinture, vous ajoutez une paire de mules à talon bas, vous avez fini.

Ce qu'elle n'est pas : une robe d'été. Une robe de cocktail raccourcie. Un compromis.

Le blazer non structuré, laine légère

Le blazer Valentino qui fonctionne au bureau n'a pas d'épaulettes, pas de boutonnage croisé, pas de poches plaquées. C'est une veste en laine tropicale — 220 grammes maximum — coupée près du corps mais pas ajustée, qui tombe juste sous l'os de la hanche. Un bouton, jamais deux. Marine, charbon, ou camel.

Les manches sont finies sans revers. La doublure est partielle — épaules et dos seulement — pour que la veste respire. Il y a une poche intérieure pour votre téléphone, deux poches extérieures en biais qui ne bâillent pas quand vous avez les mains dedans.

Portez-la sur le chemisier et le pantalon, ou sur la robe chemise si la climatisation est agressive. Enlevez-la dès que vous êtes à votre bureau. Remettez-la pour les réunions où quelqu'un d'extérieur sera présent.

Ce qu'elle fait : elle signale que vous prenez la réunion au sérieux sans suggérer que vous vous êtes déguisée pour l'occasion. C'est la différence entre s'habiller et se costumer.

Les mocassins plats, cuir lisse

Valentino fait des escarpins magnifiques. Ne les portez pas au bureau. Pas parce qu'ils sont trop habillés — ils ne le sont pas — mais parce qu'ils changent votre démarche, et changer votre démarche change comment les gens lisent votre présence dans une pièce.

Les mocassins qui fonctionnent ont une semelle en cuir d'un centimètre d'épaisseur, un empeigne en cuir de veau lisse, et aucune décoration au-delà d'une couture tonale. Noir, brun foncé, ou bordeaux. Pas de mors, pas de gland, pas de clous Rockstud. Vous cherchez la version que la maison fait pour les femmes qui marchent de leur voiture au bureau, du bureau au déjeuner, du déjeuner à la réunion suivante.

Elles doivent être ajustées au talon sans comprimer l'avant-pied. Vous devriez pouvoir les porter huit heures sans y penser. Si vous pensez à vos chaussures après dix heures, ce sont les mauvaises chaussures.

Ce qu'il ne faut pas faire

Ne portez pas de robe à imprimé Valentino au bureau. Les robes à imprimé — ces soies fluides couvertes de motifs floraux ou géométriques — sont faites pour être photographiées, pour être vues en mouvement, pour créer un moment. Le bureau n'est pas fait de moments. Le bureau est fait d'heures.

Ne portez pas de Rockstud. Ni les escarpins, ni les sandales, ni le sac. Les clous lisent comme une déclaration, et une déclaration demande une réponse. Au bureau, vous voulez de la présence, pas de la conversation.

Ne portez pas de total look. Si vous portez le pantalon Valentino, le chemisier ne devrait pas l'être. Si vous portez la robe, la veste devrait venir d'ailleurs. Un seul point d'ancrage par tenue. Le reste peut être Lemaire, Totême, The Row. Le reste peut être Uniqlo si la coupe est juste.

Ne portez pas de rouge Valentino au bureau. Le rouge — ce rouge précis, breveté, immédiatement reconnaissable — appartient au soir, au gala, à la réception. Il ne se traduit pas en lumière fluorescente. Il ne se traduit pas en salle de réunion. Laissez-le où il fonctionne.

Lire et acheter · Valentino