Livraison internationale offerte dès €300.
Bonjour Soir

Un mariage en juin, c'est quatre mariages

Aaliyah Diallo··4 min

Un mariage en juin, c'est quatre mariages. Celui qui commence à quatorze heures sous un soleil vertical. Celui qui se déroule à dix-huit heures quand la lumière devient dorée et que les épaules nues commencent à regretter leur audace. Celui de vingt-deux heures, quand on danse et que la température chute de huit degrés. Et celui de minuit, quand on ne veut plus penser à ce qu'on porte mais qu'on doit quand même avoir l'air mis ensemble sur les photos du petit-déjeuner.

Burberry comprend ce problème. La maison a passé cent soixante-dix ans à habiller des gens qui traversent la Manche en ferry, qui montent à cheval dans le Yorkshire en mars, qui dînent à Londres après avoir marché sous la pluie. Le vestiaire anglais sait gérer les transitions. Voici comment l'utiliser.

La cérémonie : quatorze heures, plein soleil

Le trench Heritage en gabardine de coton, longueur mi-mollet, porté sur une robe midi en crêpe de soie. Pas de manches sous le trench. La gabardine respire — c'est pour ça qu'elle a été inventée — et la coupe droite laisse l'air circuler. Le tissu fait 340 grammes au mètre carré. Assez pour structurer la silhouette, pas assez pour étouffer.

Le trench reste ouvert pendant la cérémonie. On le ceinture après, quand on entre dans l'ombre du cocktail. Les Burberry espadrilles compensées en toile — celles avec la bride cheville et le check jacquard — tiennent sur l'herbe. Les talons aiguilles ne tiennent pas sur l'herbe. C'est une question de physique, pas de style.

Les lunettes de soleil restent sur le visage pendant les vœux si l'officiant fait face à l'ouest. Personne ne vous voit pleurer de toute façon. On pleure toujours aux mariages de juin.

Le cocktail : dix-huit heures, ombre et rosé

On retire le trench. En dessous : une robe chemise en popeline stretch, manches trois-quarts, longueur genou. Burberry en fait une version chaque saison depuis 2018 avec des variations mineures — col plus ou moins ouvert, poche poitrine présente ou absente, parfois un empiècement d'épaule contrasté.

La popeline pèse 120 grammes. Elle se froisse un peu — c'est normal, c'est du coton — mais elle ne colle pas. Le stretch (trois pour cent d'élasthanne) permet de lever les bras pour les photos de groupe sans que le dos de la robe remonte.

Les espadrilles ont été remplacées par des mules en cuir verni. Talon bloc de six centimètres, bout carré, bride élastique invisible à l'intérieur. On peut marcher. On peut danser si on doit danser. On préférerait ne pas avoir à danser avant vingt-deux heures, mais on peut.

Le sac : un Lola en cuir grainé, taille small. Contient un téléphone, un rouge à lèvres, une carte bancaire, un paquet de mouchoirs parce qu'on pleure toujours aux mariages de juin. Ne contient pas de trousse de maquillage complète. Si vous avez besoin de vous refaire entièrement le visage entre la cérémonie et le dîner, vous avez choisi les mauvais produits ce matin.

Le dîner : vingt et une heures, climatisation agressive

Le cardigan en cachemire fait son entrée. Burberry en tricote en Écosse depuis toujours — maille fine, encolure ronde, manches longues qui s'arrêtent exactement à l'os du poignet. Deux cent quatre-vingts grammes de douze plis. On le porte sur les épaules, bras noués devant, ou correctement enfilé si la salle est vraiment froide.

Les salles sont toujours vraiment froides. Les traiteurs règlent la climatisation pour compenser la chaleur dégagée par cent cinquante personnes qui boivent du champagne et parlent fort. Ils oublient que les épaules nues n'ont pas la même température que les hommes en costume trois-pièces.

Le cardigan en cachemire n'a pas l'air d'un cardigan en cachemire quand il est bien coupé. Il a l'air d'une deuxième peau légèrement plus chaude que la première. On le retire pour les photos formelles. On le remet immédiatement après.

La fin : minuit, sur la terrasse

Le trench revient. Cette fois ceinturé, col relevé, manches retroussées une fois. On a retiré les mules. On porte les espadrilles de quatorze heures ou, si on est honnête, on est pieds nus avec les chaussures à la main.

Le trench sur une robe froissée avec un cardigan en dessous ne devrait pas fonctionner mais fonctionne. C'est une question de proportions. Le trench structure. Le cachemire réchauffe. La popeline, maintenant complètement détendue après huit heures de port, drape comme elle n'a jamais drapé à quatorze heures.

On fume une cigarette qu'on ne fume jamais normalement. On boit un dernier verre de blanc qu'on ne finira pas. On regarde les gens danser à l'intérieur. On ne rentre pas. Pas encore.

Ce qu'il ne faut pas faire

Ne portez pas de soie sauvage à un mariage de juin. Elle marque. Elle marque au niveau des aisselles, au niveau du bas du dos, au niveau de partout où un corps produit de la chaleur. La soie lavée passe. La popeline passe. Le lin passe si vous acceptez qu'il va se froisser avant la fin de la cérémonie.

Ne portez pas de sandales qui nécessitent des pansements préventifs. Si vous pensez "je vais mettre des pansements au cas où", vous savez déjà que ces chaussures vont vous blesser. Elles vont vous blesser.

Ne superposez pas plus de trois couches. Trench, robe, cardigan : trois. Trench, chemise, pull, veste : quatre, et vous passerez la soirée à gérer une pile de vêtements sur le dossier de votre chaise.

Ne portez pas de sac qui nécessite une main dédiée. Un mariage, c'est tenir un verre, tenir un téléphone pour les photos, tenir la main de quelqu'un pendant les vœux, tenir son propre bras pendant le dîner parce que la climatisation est réglée pour l'Arctique. Vous n'avez pas de main libre pour un sac.

Et n'oubliez pas : un mariage de juin n'est jamais un seul mariage. C'est une journée qui traverse quatre températures, six états émotionnels, et au moins deux moments où vous regrettez d'avoir dit oui à l'invitation. Habillez-vous pour tous.

Lire et acheter · Burberry